Puis-je laisser le bien en héritage sans testament ?
Les Émirats arabes unis sont une destination de premier plan pour les investisseurs immobiliers internationaux — mais que se passe-t-il si le propriétaire décède sans testament ?
Beaucoup d’expatriés pensent que leurs biens iront automatiquement aux membres de leur famille, mais la réalité est différente. Les lois de succession forcée peuvent entraîner une répartition de l’héritage qui ne reflète pas les souhaits du défunt.
Cet article explique ce que dit le droit des Émirats arabes unis et les risques de ne pas planifier la transmission de ton patrimoine immobilier.
Succession forcée : ce que dit la loi
Aux Émirats arabes unis, si une personne décède sans testament enregistré auprès d’un tribunal local, sa succession est répartie selon la charia :
- Les héritiers ne peuvent pas décider comment partager la succession → La loi attribue des parts fixes
- Le conjoint peut ne recevoir qu’une petite part → Par exemple, l’épouse reçoit 1/8 s’il y a des enfants
- Les filles reçoivent deux fois moins que les garçons → Le partage des biens suit des parts islamiques fixes
- Les investisseurs étrangers ne sont pas exemptés → Même les non-musulmans peuvent se voir appliquer la charia si aucun testament n’est enregistré
Exemple :
Un expatrié français possède une villa à Dubaï et un appartement à Abou Dabi, mais décède sans testament. Son épouse et ses enfants s’attendent à hériter — mais découvrent que la répartition suit les règles islamiques :
- L’épouse ne reçoit que 1/8 de la villa
- Le reste revient aux enfants — ou à d’autres proches s’il n’y a pas d’héritiers masculins
- S’il n’existe pas d’héritiers directs, le bien peut revenir à l’État
Que se passe-t-il si un bien n’est pas mentionné dans le testament ?
Beaucoup de propriétaires font l’erreur de ne pas mettre à jour leur testament après avoir acquis de nouveaux actifs. Si un bien n’est pas indiqué dans un testament traditionnel, il peut être soumis à la succession forcée.
Meilleure solution ? Un testament global, qui inclut automatiquement tous les actifs détenus au moment du décès — sans devoir le mettre à jour en permanence.
- Pas besoin de lister chaque bien immobilier
- Pas besoin de réviser le testament à chaque achat
- Les héritiers reçoivent l’intégralité de la succession sans complications juridiques
Exemple : un investisseur britannique enregistre un testament aux Émirats arabes unis, puis achète un deuxième appartement l’année suivante. Si le testament n’est pas mis à jour, ce bien peut relever de la charia. Un testament global le couvrirait automatiquement.
Risques de décéder sans testament
Ne pas enregistrer de testament peut entraîner :
- Gel des actifs → Les banques et les services fonciers bloquent l’accès jusqu’à ce que la succession soit réglée
- Délais et bureaucratie → La succession peut prendre des mois, voire des années
- Héritiers exclus → La famille proche peut ne rien recevoir
- Perte des actifs → S’il n’y a pas d’héritiers, la succession peut revenir à l’État
Cas extrême : un investisseur allemand décède à Dubaï sans testament ni héritiers directs. Après l’échec des démarches juridiques, l’appartement est récupéré par l’État. S’il y avait eu un testament, le bien aurait pu revenir à un ami, à une association caritative ou à un parent éloigné.




